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Catherine Salviat

Tea time corrosif à l’Artistic Athévains

Probablement les Bahamas évoque un décor de carte postale, des cocotiers, le sable brûlant… Un cadre idyllique néanmoins nuancé par l’adverbe « probablement » qui induit le doute et l’hésitation. En digne successeur de Pinter, Martin Crimp décape un quotidien apparemment terne en lui injectant une bonne dose d’inquiétante étrangeté. L’air de rien, ses dialogues renvoient à une société déliquescente et violente. La mise en scène que propose Anne-Marie Lazarini à l’Artistic Athévains traduit avec intelligence l’imposture des apparences et des convenances.

Home sweet home ! C’est ainsi que nous sommes accueillis dans la maison cossue de Milly et de Franck, un couple de retraités anglais. Ils font la causette à un invité (qui sera toujours de dos et silencieux) et insistent notamment sur la réussite spectaculaire de leur fils unique Michael. Madame rêve d’exotisme tout en ayant peur de l’extérieur ; Monsieur semble plus en retrait, dévoré par la logorrhée insatiable de son épouse. La jeune fille au pair hollandaise, elle, parait déconnectée de la réalité comme s’il vivait dans un monde intérieur après un traumatisme.

Sous le vernis des convenances…
Concrètement, il ne se passe rien sur scène : tout se tapit dans le langage, dans ses redites et ses errances, ses reformulations. Milly, par exemple, fait preuve d’une nette xénophobie et juge sans ménagement sa bonne en critiquant sans cesse son accent. Elle ne cesse de répéter que son fils est parfait alors qu’on comprend qu’il abuse de son pouvoir et a sans doute violé la pauvre fille au pair. Sous cette apparente platitude des échanges, percent une déflagration impitoyable, une mise à jour de la vieillesse et de ses peurs irrationnelles. Le spectateur se retrouve coincé à la place de cet invité (un ami, une connaissance ?) et pris au piège : obligé de subir les poncifs du genre (exhibition de photographies, évocation de projets, conversation qui tourne en rond), il devra faire semblant de rester attentif jusqu’au bout. Des saillies menaçantes viendront pourtant perturber la trivialité des échanges : cambriolage qui tourne mal, perte d’un bébé, chien décapité…

Le trio de comédiens se révèle à la hauteur des subtilités du texte de Crimp. Catherine Salviat excelle dans les rôles de peau de vache perfide. Monopolisant la parole, elle dégaine ses piques avec une politesse hypocrite délicieusement insupportable. Jacques Bondoux joue les époux endormis et résignés avec une certaine flegme. Heidi-Eva Clavier est fantastique en bonne évaporée et bouleversante lors de sa confession. Évoluant dans une jolie maison de poupée décloisonnée, le trio se croise sans jamais vraiment s’écouter les uns les autres. Un dialogue de sourds qui se termine insolemment sur l’impératif  « Écoute ».  À méditer. ♥ ♥ ♥

PROBABLEMENT LES BAHAMAS de Martin Crimp. M.E.S d’Anne-Marie Lazarini. Artistic Athévains. 01 43 56 38 32. 1h.

© Marion Duhamel

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Sophie Parel cartographie habilement la folie irlandaise

Ken Loach au théâtre ? Martin McDonagh rougirait sans doute de plaisir à cette comparaison. Avec La Reine de beauté de Leenane, le dramaturge irlandais signe un petit bijou de comédie noire, corrosive et cash dans laquelle une mère sénile et sa fille au bord de la crise de nerfs s’écharpent méchamment. Sophie Parel a eu le flair de se lancer dans cette aventure barrée peu jouée en France. Bien lui en a pris au vu du résultat, une merveille d’interprétation, de rythme et de ruptures. Mine de rien, jouer les ploucs paumés au fin fond de la campagne n’a rien d’une évidence et le pari est relevé haut la main ! Rendez-vous au Petit Théâtre Odyssée.

Pas loin du Lac de Connemara, dans un petit village baptisé Leenane, un drame se trame en huis-clos. Le combat de boxe oppose Mag, vieille bique tyrannique accro aux feuilletons à l’eau de rose et au porridge et sa fille Maureen, quarante ans et toujours vierge, lassée d’avoir sacrifié sa vie pour un monstre d’égoïsme. La tension est électrique dans la modeste bicoque jusqu’au jour où une perspective de changement s’amorce avec l’arrivée de Pato, prince charmant rustique et sincère. Pourtant, le conte de fées vire rapidement au cauchemar et à la tragédie, la faute à un messager peu fiable…

Sans en avoir l’air, La Reine de Leenane questionne tout azimut le poids de l’hérédité familiale (Zola te voilà) ; le facteur du déterminisme social (comment réussir sa vie alors qu’on est coincé dans un trou à rat rempli de beaufs ?) ; l’estime de soi sabotée par une emprise maternelle malsaine… Très dense, la pièce superpose brillamment tous ces thèmes dans un fondu fluide que Sophie Parel respecte avec une imparable efficacité.

Orage en perspective
Gestion du suspense, aucun répit, progression fatale rondement bien menée… La metteur en scène orchestre férocement ce thriller psychologique qui tient haleine de bout en bout. On rit devant cette sitcom outrancière ; on éprouve de la peine face à la solitude de Maureen, condamnée à reproduire le terrible schéma maternel malgré elle.

Sur scène, une cuisine ouverte kitchissime configure l’espace de l’affrontement tandis qu’en toile de fond, une vidéo météorologique impacte métaphoriquement la montée irrémédiable de la tragédie (du ciel bleu à l’orage). Si l’idée ne manque pas de sel, le rendu esthétique ne brille ni par sa beauté ni par son efficacité.

En revanche, Sophie Parel est une redouble directrice d’acteurs : se distribuant dans le rôle délicat de Maureen, femme-enfant vulgaire et touchante enfermée dans ses névroses, elle tient le cap. Face à elle, Catherine Salviat campe une inoubliable Mag, odieuse Tatie Danielle irlandaise, ogresse mesquin en diable. Grégori Baquet apporte une sensibilité terrienne et touchante à Pato tandis qu’Arnaud Dupont est remarquable en jeune messager ignare et sans-gène. Le quatuor sert avec finesse la traduction très riche de Gildas Bourdet qui retranscrit avec beaucoup d’humour le langage bourré de fautes (et forcément un peu cliché) des ruraux. Un vrai régal pour les oreilles.

Vous auriez donc tort de vous priver de La Reine de beauté de Leenane, une excellente surprise aussi bien au niveau du texte vachard et dense que du jeu habité et sur le fil des quatre comédiens. Un coup de foudre ! ♥ ♥ ♥ ♥

LA REINE DE BEAUTÉ DE LEENANE de Martin McDonagh. M.E.S de Sophie Parel.  Petit Théâtre Odyssée. 01 47 15 75 15. 1h15.

© Arnaud Dupont

Françoise Gillard, lionne farouche et sourde dans Les Enfants du silence

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Petite révolution à la Comédie-Française. Avec Les Enfants du silence de Mark Medoff, Anne-Marie Étienne distribue pour la première fois des acteurs entendants dans des rôles de sourds. Incroyables caméléons, la distribution s’envole vers des stratosphères émotives palpables. Sans aucun doute, Françoise Gillard y trouve l’un de ses plus beaux rôles avec Laurent Natrella dans une mise en scène honorable et fluide.

Dans un institut spécialisé, Sarah fait de la résistance : cette jeune sourde devenue femme de ménage refuse catégoriquement de se plier au diktat de la norme. Elle ne soumettra jamais à la langue parlée. L’arrivée de Jacques, un orthophoniste plein d’humour et tenace, chamboulera les certitudes de Sarah, l’amour aidant…

Plutôt didactique, la pièce de Mark Medoff correspond pleinement à une certaine idée du théâtre américain des années 80 : ancrée dans un cadre ultra réaliste aux situations cinématographiques, Les Enfants du silence s’érige comme une ode à la tolérance dans laquelle comprendre l’autre sans chercher à imposer à tout prix son système de valeurs prédomine. Sans jamais tomber dans le mélo, l’adaptation qu’en propose Anne-Marie Étienne tient la route sans émerveiller. La scénographie efficace mais terriblement glaciale de Dominique Schmitt à la Hopper encadre le ballet muet/parlé d’un casting en or.

Françoise Gillard irradie en boule de nerfs révoltée et ardente en diable. Avec son allure de gamine rehaussée d’une mignonne queue de cheval, la comédienne belge (dont la sœur est sourde) s’avère déchirante de vérité : pendant deux heures, elle n’émet presque pas un son puisque tout passe par sa gestuelle et son travail colossal d’apprentissage de la LSF. Face à elle, Laurent Natrella campe un amant profondément humain, tout en dévotion et en accès colériques effroyables. Leur couple fera date dans l’histoire du Français. Anna Cervinka et Elliot Jenicot fournissent un travail d’articulation remarquable : la première excelle en chipie aguicheuse tandis que le second séduit en malentendant militant. Catherine Salviat fait preuve d’une grande dignité dans la peau de la mère de Sarah et Nicolas Lormeau est irrésistible en avocat maladroit.

Au Vieux-Colombier, Anne-Marie Étienne s’en sort donc avec les honneurs dans Les Enfants du silence. Difficile de proposer une mise en scène géniale lorsque l’on s’attaque à un texte fortement marqué par des questions sociales au réalisme attesté. Sans surprise mais mené avec conviction jusqu’au bout, ce travail permet surtout de réaffirmer l’immense talent protéiforme des acteurs du Français, qui peuvent pratiquement tout jouer et s’adapter à n’importe quelle situation. Un spectacle qui ne triche jamais et qui offre des émotions vraies. N’hésitez pas. ♥ ♥ ♥ ♥

© Cosimo Mirco Magliocca
© Cosimo Mirco Magliocca

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Dans L’Analphabète, Agota Kristof se plie à l’exercice autobiographique en retraçant le parcours tumultueux d’une femme éprise de lecture et d’histoires, brisée par un exil forcé et contrainte de baigner dans un univers langagier inconnu et barbare. Nabil El Azan adapte cette plongée mémorielle en offrant à Catherine Salviat un rôle d’une densité rare pour un seule en scène aussi lumineux que poignant. Direction Les Déchargeurs pour vivre ce voyage humainement précieux.

Onze chapitres comme autant de pages initiatiques d’une histoire peu banale. « 1- Les débuts » ouvre le bal, dactylographié blanc sur noir comme sur un tableau d’école. La petite Agota nous explique que la lecture s’assimile à de la boulimie chez elle. Quatre ans seulement et déjà l’exploration des journaux, des affiches et des recettes de cuisine ! Peu d’argent chez les Kristof mais une complicité fraternelle et familiale palpable. Cette parenthèse enchantée se confronte à l’entrée en pensionnat-prison d’Agota, au totalitarisme russe (cette langue ennemie qu’il faut apprendre bien malgré soi), l’exil suisse avec le travail à la chaîne morne, l’expérience du déracinement et du désert social et culturel pour enfin rebondir sur sa carrière d’écrivain. L’Histoire et l’histoire tissent des fils étroits et résonnent avec force sur scène.

La scénographie inspirée d’Ali Cherri inscrit l’espace dans un labyrinthe de panneaux transparents coulissants où Catherine Salviat traverse les steppes des souvenirs avec gourmandise et nostalgie. La sociétaire honoraire du Français parvient à incarner avec autant de cohérence et de facétie la gamine espiègle que l’exilée tourmentée ou l’écrivain épanouie. Tout en finesse, ce portrait de femme forte et magnétique hypnotise. Conteuse hors-pair, l’actrice nous entraîne irrésistiblement dans les lambeaux de la mémoire.

L’Analphabète constitue ainsi un événement théâtral à ne rater sous aucun prétexte : pertinence de l’adaptation, mise en scène captivante et actrice au meilleur de sa forme. Trio gagnant pour cette odyssée linguistique tendre et touchante. ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

© Ifou
© Ifou

Dramuscules : néologisme fondé sur drame et minuscules. Un oxymore contenant tout un monde effroyable, celui du racisme et de la bêtise ordinaire. Un monde où les attaques à la dignité humaine sont devenues aussi triviales qu’un match de foot ou une discussion après la messe. Recueil de courtes pièces écrites par Thomas Bernhard en 1988, un an avant sa mort, Dramuscules dénonce l’idéologie nazie par le prisme de petites gens, érigés en symboles de la méchanceté universelle, bâtie sur des préjugés absurdes et monstrueux. Judith Magre et Catherine Salviat incarnent magistralement ces femmes ignorantes et mauvaises sous la coupe de Catherine Hiegel dont la mise en scène, remarquable de sobriété, mêle le rire à l’indignation dans une fluidité proche de la perfection. Une heure de théâtre total et édifiant.

« Un Mort », « Le Mois de Marie » et « Match » constituent les trois saynètes choisies par Catherine Hiegel pour « offrir la volupté d’un parcours d’une monstruosité sidérante » pour reprendre les mots de la metteur en scène. Trois situations aussi variées les unes que les autres mais qui ont toutes le point commun de partir d’un élément du quotidien pour aboutir à des saillies racistes incompréhensiblement motivées.

La premier acte, très court, se déroule à la sortie d’une église : deux femmes aperçoivent soudain un cadavre enroulé dans du papier emballage. S’ensuit un mouvement d’épouvante puis de rationalisation lorsqu’elles se rendent compte qu’il s’agissait d’affiches nazies… Ambiance. Le deuxième mouvement, le plus long, s’attarde sur la conversation de deux femmes, atterrées par la mort de Monsieur Geissrathner renversé par un Turc. Cet accident libère une folie raciste enragée. Le dernier tableau convoque une scène de ménage entre une femme et son mari policier, absorbé par un match de foot à la télévision. Les rêves de voyage de cette ménagère s’accompagnent d’un jugement de valeur répugnant vis-à-vis des Italiens, ces « racailles ».

Fondés sur la poétique de l’événement, ces trois dramuscules permettent de rendre compte de la folie populaire s’emparant de l’Autriche lors de la montée des totalitarismes et même bien après. Ces deux femmes sont l’incarnation de ce peuple autrichien ignorant, bête et d’une violence d’autant plus effrayante qu’elle leur paraît aller de soi, totalement normalisée. Deux grandes comédiennes s’emparent de ces rôles ingrats de commères monstrueuses : Judith Magre et Catherine Salviat. La première campe une femme amoureuse des beaux mâles, coquette, absurde et faussement rationnelle. Elle essaye bien de convaincre son amie de mesurer ses propos mais au fond, elle n’en pense pas moins. Incarnant également la ménagère de la troisième saynète, elle se montre bien plus vindicative, n’hésitant pas à vouloir « tirer dans le tas » et à fustiger son mari, bien trop lent et mauviette à son goût. Géniale dans sa robe de chambre de mauvais goût et ruminant à repasser une chemise en lambeaux, l’actrice ne manque pas de nous faire ressentir des sueurs froides avec ses propos extrémistes. Catherine Salviat, quant à elle, joue le rôle de l’amie un peu cruche avec une gourmandise notable. Semblant passive jusqu’au bout de son chapeau, elle explose à la toute fin du second mouvement dans une déferlante verbale vertigineusement inhumaine. Son souhait est tout simplement de « gazer » les Turcs et les Yougoslaves, tous ces étrangers, jusqu’au dernier. Ce délire langagier est quasi performatif : en hurlant sa xénophobie, en mettant des mots sur sa volonté de mise à mort, elle extermine effectivement ces peuples. Du moins en pensée. Cette métamorphose brutale, d’une violence inouïe, s’avère bouleversante.

© Raymond Delalande/Sipa
© Raymond Delalande/Sipa

La comédienne incarne également une enseignante un peu spéciale : Catherine Hiegel a choisi d’insérer avant le dernier dramusculeun quizz métaleptique mettant à contribution le public. Ce jeu de questions/réponses porte sur des citations racistes dont nous devons deviner l’auteur. Cette approche humoristiquement pédagogique a le mérite de nous apprendre que même les plus grands acteurs, hommes politiques ou écrivains peuvent énoncer des paroles à vomir, niant la condition d’homme aux étrangers (Noirs, Roms, Arabes…). Peu importe les époques et les continents au final, le racisme s’est propagé à l’ensemble des civilisations. Ce effet de résonance est rondement amené et sert brillamment les propos de Bernhard. Attention cependant à des propos qui pris au premier degré relèvent du contresens : en tant que philosophes des Lumières, Kant, Montesquieu ou Voltaire réfutent toute intolérance.

L’aspect sans doute le plus frappant de cet assemblage de saynètes réside dans son esthétique de la concentration, à prendre au double sens du mot. Ce ramassement dramatique, ce grossissement à la loupe d’un comportement tristement banal s’étend à une certaine universalité. L’événement du quotidien se mue en idéologie xénophobe exacerbée : le minuscule prend une ampleur démentielle et exploite extrêmement finement cette idée d’une contagion de la pensée nauséabonde. Le décalage entre ces expressions avilissantes et la façon insouciante de les prononcer, comme si l’on parlait de tricots ou des ragots, choque profondément.

La mise en scène de Catherine Hiegel est confondante de vérité et d’intelligence : l’ex doyen du Français mélange constamment le rire le plus noir à la méchanceté la plus profonde. On se prend vraiment à rire à tout bout de champ tout au long du spectacle. Mais la source de ce rire tient évidemment d’un malaise et agit comme une forme d’auto-défense. Le malaise ressenti s’extériorise par un rire macabre tellement les propos semblent absurdes et énormes. La rafale de clichés débitée par les actrices suscite l’hilarité générale : on aurait presque la sensation d’assister à une comédie. Cependant, le rire n’est qu’une habile façade visant à dissimuler notre indignation.

La création sonore de Céline Baykyaz annonce et clôture la pièce avec brio. Avant que les rideaux ne se lèvent, on croit entendre une musique patriotique solennelle rappelant l’époque nazie. L’ambiance ainsi créée annonce dès lors la couleur à la fois grave et très drôle du spectacle alors que la fin se termine sur la foule acclamant les vainqueurs du match de foot et engloutit à la fois les comédiens et le public. L’incommunicabilité entre la femme et son mari renvoie bien sûr à l’absence de communication et de compréhension entre le peuple autrichien borné à ses idées racistes et les étrangers. Antony Cochin, en retrait par rapport aux deux divines comédiennes, assure néanmoins une prestation impeccable. Drôlissime en fossoyeur dans le deuxième dramuscule, il campe un mari alcoolique et beauf, hors-champ, avec une vulgarité réjouissante.

Ainsi, Dramuscules se révèle être une pièce indispensable à voir autant pour l’actualité toujours brûlante de ses propos que pour l’interprétation sensationnelle d’un duo d’actrices magnifique et complice. Un vrai coup de cœur pour ce texte très fort et touchant, d’un pessimisme radical à fleur de peau. ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

© Pascal Gély
© Pascal Gély

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