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Comédie

Deux euros vingt : un divertissement en or !

L’argent peut-il détruire une amitié ? Au Théâtre Rive-Gauche, la nouvelle comédie de Marc Fayet réunit une bande de copains soumis à un jeu un brin pervers. Jackpot ! 

Deux euros vingt. Une somme dérisoire, non ? Pourtant, ces quelques pièces de monnaie vont semer la zizanie au sein d’un groupe d’amis réunis le temps des vacances.

L’argent est un puissant moteur dramatique. Molière en sait quelque chose avec son Harpagon. Jalousie, rancœur, manipulations, bassesses… L’appât du gain révèle bien des travers et met à mal une amitié qui dure pourtant depuis des années.

Avec sa plume entraînante et son sens (un peu prévisible tout de même) du rebondissement, Marc Fayet signe une pièce sans prétention mais portant un regard acéré sur la valeur de l’amitié. Peut-on dire toute la vérité à ses amis ? Faut-il mentir pour les préserver ? Cet équilibre précaire s’incarne avec justesse sur scène.

José Paul a insufflé une belle dynamique de troupe en soignant sa distribution. Chacun des six personnages possède un caractère bien trempé et les voir évoluer en couple ou en sextuor est réjouissant. Avec son air évaporé, Lysiane Meis est parfaite en fausse godiche portée sur la relaxation. Cynique à souhait, Michèle Garcia convainc en amie amère. Caroline Maillard tire son épingle du jeu en copine hypocrite. Marc Fayet s’en sort avec brio dans le rôle ingrat du maître du jeu taquin puis odieux. Le flegme serein de Gérard Loussine fait sourire tout comme les colères de Michel Lerousseau.

En somme, un bon divertissement en perspective. Un conseil : ne laissez rien traîner sur la table ! Qui sait à quoi vous vous exposeriez…

DEUX EUROS VINGT de Marc Fayet. M.E.S de José Paul. Théâtre Rive Gauche. 01 43 35 32 31. 1h30 ♥ ♥ ♥

© Fabienne Rappeneau

Lilo Baur nous offre une Puce bondissante au Français

Chez Feydeau, la question du déréglement sexuel est au cœur de tout. En adaptant un vaudeville peu connu du maître, La Puce à l’oreille, Lilo Baur met nos sens en ébullition. Le public de la Comédie-Française sort en effet revigoré de cette machine infernale du désir menée à un rythme trépidant par une troupe de comédiens habités.

La metteur en scène sort la carte d’un chic de façade qui cache des pulsions beaucoup moins recommendables. Rejetant les codes d’un jeu ultra réaliste, elle préfère plutôt adopter une distance loufoque et grinçante qui plonge le spectateur dans un ahurissement goguenard et qui sied parfaitement à l’absence totale de crédibilité de la pièce, totalement surréaliste.

Une lettre aura une importance capitale pour l’intrigue et inutile de vous dire que les quiproquos, les soupçons d’adultères et autres gaillardises en-dessous de la ceinture seront de la partie !

D’emblée, le décor est posé : un feu de cheminée (kitsch à mort avec ses grandes flammes artificielles), une tête de cerf, une horloge à coucou, une immense baie vitrée avec flocons de neige et de beaux canapés verts. Ambiance cocooning avant la tempête… On se sent bien oui en compagnie de ces félés jaloux, hystériques ou à côté de la plaque. Et ce, deux heures durant !

Sauts de puce
Si cette Puce à l’oreille rend tellement enthousiaste, c’est que Lilo Baur a intégré tous les ingrédients du vaudeville pour en restituer l’énergie débordante, voire bondissante ! Quelle fougue dans cette proposition ! Quelle attention portée aux déplacements qu’il s’agisse des pas de biche des vraies fausses potiches incarnées avec délectation par Anna Cervinka et Pauline Clément, de la foulée nerveuse de Thierry Hancisse, propriétaire d’hôtel despote ou bien encore le trublion Jérémy Lopez, mari sanguin à l’accent espagnol qui saute dans tous les sens. Les comédiens, admirablement dirigés, sont tous du côté de la vie avec leur exubérance et leur folie. Serge Bagdassarian impeccable dans un double rôle de mari net de domestique simplet.

L’acte II, prenant place à l’hôtel du Minet Galant, cristallise la tension sexuelle et façonne un labyrinthe de luxure contrariée assez vertigineux. On ne sait plus où donner de la tête, comme la patronne jouée par une Cécile Brune totalement dépassée par les événements.

Bravo donc à Lilo Baur pour ce travail généreux qui comble visiblement les comédiens présents sur scène et qui nous enchante également ! Feydeau a encore de beaux jours devant lui au Français… ♥ ♥ ♥ ♥


LA PUCE À L’OREILLE de Georges Feydeau. M.E.S de Lilo Baur. Comédie-Française. 01 44 58 15 15. 2h10.

© Brigitte Enguérand

Léa Drucker et Micha Lescot, un tandem digne de Feydeau !

Après un Système Ribadier décoiffant, Zabou Breitman se frotte encore à Feydeau dans La Dame de chez Maxim. Attentive à en restituer la mécanique explosive, la metteur en scène s’appuie sur une distribution quatre étoiles. Si le jeu des comédiens est de haute voltige, les longueurs bavardes du vaudeville auront eu raison de notre patience.

C’est la débandade dans la chambre du docteur Petypon ! Après une folle nuit d’ivresse, notre savant comate et ne se rend même pas compte de la présence d’une cocotte importune dans son lit ! Comment éviter le scandale ? En faisant passer la danseuse du Moulin Rouge pour sa légitime pardi ! C’est par ce fâcheux concours de circonstances que se noue l’intrigue de la pièce.

Feydeau se joue, comme souvent, de l’irréprochabilité de façade d’une bourgeoisie névrosée et lâche. Zabou Breitman accentue ce décalage et convie le public à une critique de l’intérieur de ce microcosme parisien avec comme détonateur une fille vraie et nature qui s’amuse comme une folle de la situation. Les magnifiques décors, dans l’esprit pop up, d’Antoine Fontaine, nous plongent dans un univers de faux-semblants où tout se joue sur des malentendus.

Troupe de dingues
Aucune place n’est laissée au hasard ici puisque les comédiens s’inscrivent dans une belle énergie de groupe, galvanisés par l’œil éclairé de leur metteur en scène. On aime retrouver Micha Lescot dans un rôle comique proportionnelle à sa taille. Élastique au possible, il se fait traîner dans tous les sens sans broncher, et son allure aristo-désinvolte sied parfaitement au rôle de beau salaud macho du docteur Petypon. Pour lui donner la réplique, Léa Drucker ne se fait pas prier en grisette franche du collier à la gouaille sympathique. Sa Môme Crevette donne du souffle et de l’entrain à l’ensemble même si on aurait pu imaginer une comédienne plus jeune dans le rôle.  Anne Rotger, impeccable de maîtrise, campe une Madame Petypon solidement accrochée à sa logique, pauvre dindon bigot complètement déboussolé. André Marcon, lui, jouit d’une belle autorité sur scène, un peu gaillarde. Il était donc idéal dans la peau du militaire fortuné.

Quelques gags récurrents tels que le fauteuil-somnifère ou le travestissement de ces messieurs en duchesses et baronnes donnent le sourire tout comme quelques scènes jouées en accéléré, clin d’œil aux balbutiements du cinéma ou encore cette parodie de duel effectué avec… des doigts !

Cependant, le temps semble s’éterniser à la Porte Saint-Martin. Des essouflements se font sentir assez rapidement malgré le train d’enfer que tente d’imprimer Zabou Breitman à la représentation. Le problème se niche bien dans le noyau textuel de la pièce de Feydeau, qui se ramifie à l’envi et s’enferme dans ses quiproquos jusqu’à l’écœurement. Bien que des coupes aient déjà été effectuées, il aurait encore fallu davantage oser tailler dans ce matériau afin d’offrir un rythme plus soutenu à l’ensemble. ♥ ♥ ♥

LA DAME DE CHEZ MAXIM de Georges Feydeau. M.E.S de Zabou Bretiman. Théâtre de la Porte Saint-Martin. 01 42 08 00 32. 2h.

© Jean-Louis Fernandez

Un sacré farceur, ce Tchékhov !

L’ouragan Émeline Bayart déferle au Théâtre de Poche et emporte tout sur son passage ! Après avoir enchanté l’insipide Fric-Frac, la magicienne du rire s’aventure en terres russes avec le même éclat. Avec Tchékhov à la folie, Jean-Louis Benoit donne un coup de fouet à deux courtes pièces du maître. Vaudevillesque à souhait, cette version donne à entendre les intermittences du coeur sur un mode survolté et réjouissant. On ne perd pas de temps pour conclure des mariages ici ! En piste !

La Demande en mariage et L’Ours sont traditionnellement montées en dy pour une bonne raison. Ces deux « plaisanteries » fonctionnent en un miroir grossissant et s’amusent à joindre deux couples mal assortis et qui ne savent pas comment exprimer leurs sentiments. En premier lieu, un propriétaire terrien vient demander la main de la fille de son voisin, une vieille fille institutrice au caractère bien trempé. Lui est un pauvre type un peu hypocondriaque et pas vraiment séduisant… La seconde pièce, elle, oppose encore une fois un propriétaire terrien, un vrai rustre celui-là, à une jeune veuve éplorée. Comment vont-ils bien pouvoir tomber amoureux l’un de l’autre ?

Jean-Luc Benoit ne perd pas de temps et bien lui en a pris. Sa mise en scène se veut allègre, hyperbolique, pleine de vie. Sans omettre la cruauté des situations, la misogynie du dramaturge, les rapports humains biaisés par l’argent. Cette rudesse terrienne se retrouve contrebalancée par une virtuosité comique absolument sensationnelle. Le trio de comédiens nous emmène sur l’Himalaya des zygomatiques. Ils en font des tonnes mais cela ne dessert jamais le texte, bien au contraire.

Il faut commencer par évoquer l’impériale Émeline Bayart bien sûr. Elle est monstrueuse, cette ogresse comique. Il lui suffit d’une mimique pour qu’on se torde de rire. Tour à tour sidérée, volcanique, compassée ou tragédienne, elle excelle dans tout ce qu’elle fait. Jean-Paul Farré est un clown fantasque et bourru tandis que Manuel Le Lièvre est hilarant en futur époux plein de tics et enragé comme un gamin.

On sort du théâtre ragaillardis par tant de bonne humeur et d’abattage. Tchékhov aurait sans doute apprécié… ♥ ♥ ♥ ♥

TCHÉKHOV À LA FOLIE (L’OURS ET LA DEMANDE EN MARIAGE) d’Anton Tchékhov. M.E.S de Jean-Louis Benoit. Théâtre de Poche. 01 45 44 50 21. 1h15.

© Victor Tonelli

Ce sacré coquin de Louis XIV au pays de la galette !

Louis XIV était un sacré coureur de jupons ! Amateur de bonne chère/chair, le Roi-Soleil se voit offrir une loufoquerie sur mesure par Nicolas Lumbreras. Aux Béliers-Parisiens, le dramaturge parodie la vie de sa Sainte-Majesté en un vaudeville sous la ceinture assez tordant. Nonobstant quelques lourdeurs, le public ne se fait pas prier pour rire un bon coup en compagnie de ce petit coquin ! Cette comédie musicale à perruques ne se prend pas du tout au sérieux et joue à fond la carte de la désacralisation scatologique et outrancière.

Il y a dans l’orage dans l’air à Versailles ! Marie-Thérèse soupçonne à juste titre son mari de la cocufier. Elle lui pose un ultimatum, qu’il accepte mais la reine sent l’entourloupe et décide de le suivre… Son voyage la mènera jusqu’en Bretagne où bien des surprises l’attendent !

Ne cherchez aucune logique ici ; elle a été rayée de la surface de la carte ! Assumant pleinement son délire sans queue ni tête, Lumbreras nous embarque dans une savoureuse course-poursuite adultérine au cours de laquelle on rencontre de drôles de personnages. Mention spéciale au bourreau bavorois complètement dérangé et au tenancier follement gay de l’auberge ! Dans un astucieux décor tournant qui ressemble à une maison de poupée abritant tous les vices, les comédiens se déchaînent. On adore surtout Emmanuelle Bougerol, impayable reine tyrannique à l’accent prononcé. Serge Da Silva est aussi tordant en roi filou et poltron !

Peu de temps mort ; pas mal de péripéties plus ou moins ubuesques et beaucoup de chansons déjantées, souvent très bien interprétées avec un joli grain de voix. Une combinaison gagnante et un divertissement bien agréable en somme.

Attention à l’abus de galettes tout de même car la lourdeur n’est jamais bien loin ! On regrettera le personnage de Dieu, peu inspiré, des chansons scato trop fréquentes (bien que la fissure anale du Roi déclamée façon Patrick Bruel fasse son petit effet) et une misogynie trop appuyée, surtout à la fin.

On reprendra donc bien du kouign amann et une bolée de cidre avec tous ces agités du bocal. Le vent de folie érotique et burlesque qui souffle à Versailles va sans doute s’étendre à l’ensemble de la capitale ! ♥ ♥ ♥ ♥

JEAN-LOUIS XIV de Nicolas Lumbreras. M.E.S de l’auteur. Théâtre des Béliers-Parisiens. 1h25. 01 42 62 35 00.

© Svend Andersen

On lève nos verres pour Ivan Calbérac !

Décidément, en ce début d’année, comédie et gastronomie font bon ménage ! Après un Canard à l’orange délicieusement assaisonné par Nicolas Briançon, Ivan Calbérac propose La Dégustation, cocktail inédit réunissant un couple inattendu. Isabelle Carré et Bernard Campan, que tout semble opposer, s’apprivoisent progressivement pour produire une belle alchimie sur la scène de la Renaissance. On avait déjà apprécié L’Étudiante et Monsieur Henri ainsi que Venise n’est pas en Italie. Jamais deux sans trois !

Comme toute bonne comédie sentimentale qui se respecte, La Dégustation mise sur une disharmonie initiale. D’un côté, Jacques tient un petit commerce de vins et vit reclus dans sa tanière, en bon ours bourru. De l’autre côté, Hortense catho altruiste et toujours de bonne humeur, débarque en ville et recherche une bonne bouteille à offrir à ses bons amis SDF. Cette rencontre provoquera des étincelles, attisées par Steve, jeune voyou repenti qui vient se cacher dans le magasin de Jacques après un braquage dans les environs…

Si le spectacle fonctionne beaucoup sur le comique de caractère et de situation, il n’en demeure pas moins que des sujets plus graves sont abordés comme la mort d’un enfant ou la PMA. C’est toujours un sacerdoce lorsqu’il s’agit de combiner comédie et drame dans une pièce. Ici, les parties plus sérieuses détonnent et on sent la volonté de l’auteur de traiter de sujets d’actualité mais tout cela demeure trop effleuré. Clairement, Ivan Calbérac est beaucoup plus à l’aise dans l’humour et réserve quelques scènes d’anthologie, notamment la scène éponyme de la dégustation, à mourir de rire !

Isabelle Carré, avec sa tête d’ange blond, est idéale en femme de conviction à la naïveté troublante, surtout quand elle enchaîne maladroitement les grivoiseries au nez de ses voisins ! Son petit côté coincé s’allie très bien à son enthousiasme débordant. Face à elle, Bernard Campan incarne un homme blessé par la vie, presque blasé. Excellent dans ce contre-emploi, il est plaisant de l’observer fondre sous l’optimisme et la volonté folle de sa partenaire. Éric Viellard, lui, est génial dans le rôle de l’ami libraire envahissant et lourdingue.

Mais la vraie bonne surprise s’appelle Mounir Amamra. Ce jeune homme apporte un vent de fraicheur à la pièce. Très naturel, jouant à fond le cliché de la petite frappe, il fait habilement le lien entre le couple en devenir et amuse par ses facéties. Il s’avère très attachant.

En somme, l’envie nous prend à la fin de savourer un bon verre de vin en compagnie de cette brillante troupe. Avec ses dialogues qui font mouche et ses comédiens heureux de partager l’affiche, cette Dégustation vaut la peine qu’on s’y attarde. ♥ ♥ ♥ ♥

LA DÉGUSTATION d’Ivan Calbérac. M.E.S de l’auteur. Théâtre de la Renaissance. 01 42 08  18 50. 1h40

© Charlotte Spillemaecker

Un Canard à l’orange assaisonné avec goût par Nicolas Briançon

La saison des chapons vient de s’achever mais une folle envie de déguster de la volaille s’empare de nous en sortant du Théâtre de la Michodière. Retrouver Nicolas Briançon aux commandes est presque toujours synonyme de réussite. En exhumant du grenier un vieux boulevard anglais, Le Canard à l’orange, le metteur en scène se fait plaisir. Alors que Michel Fau s’est récemment cassé les dents avec Douce amère et Fric Frac, Briançon a eu plus de flair. Bien qu’un petit esprit vintage flotte dans l’air, cette comédie sans prétention s’impose par sa cocasserie, ses personnages léchés et sa machination amoureuse réjouissante.

De canard à l’orange, il n’en sera pas réellement question dans cette pièce. Si quelqu’un se fait bien plumer dans l’histoire, c’est Liz. Mariée depuis quinze ans à Hugh Preston, célèbre présentateur télé, elle le trompe avec John, avec qui elle projette de fuir en Italie. En apprenant que sa femme a un amant, le mari volage ne semble pas vraiment contrarié. Il décide même de passer pour le goujat de service en se faisant prendre en flagrant délit d’adultère avec sa secrétaire. Le stratagème, visant à récupérer Liz, marchera-t-il ? Comment John va-t-il réagir face à ce plan de reconquête ?

En poussant à son paroxysme le thème de la tromperie, la pièce joue à fond sur le thème de l’arroseur arrosé. Et ça marche, malgré des ficelles énormes ! Le chassé-croisé amoureux tourne à plein régime et les comédiens osent en faire des tonnes. On retrouve avec délice François Vincentelli en Belge nigaud et impulsif, impeccable en dandy crédule dans son costume à rayures. Son accent à couper au couteau et ses mimiques sidérées ravissent. Anne Charrier est délicieuse en femme bien décidée à croquer la vie à pleines dents. On apprécie son naturel. Alice Dufour écope d’une rôle compliqué, celui de la secrétaire vamp au déhanché suggestif et s’en sort très bien sans faire les potiches. Sophie Artur est truculente en gouvernante sans gêne.

La palme revient à Nicolas Briançon, dont la roublardise s’acoquine avec une espièglerie quasi enfantine (malgré les verres de whisky qui défilent !). Très à l’aise en manipulateur affable, il multiplie les plaisanteries à la vitesse de l’éclair. C’est lui qui mène clairement son monde à la baguette et le chef d’orchestre dirige sa troupe avec une précision redoutable. On rit de bon cœur malgré quelques longueurs. Mission remplie ! ♥ ♥ ♥ ♥

LE CANARD À L’ORANGE de William Douglas Home. M.E.S de Nicolas Briançon. Théâtre de la Michodière. 01 47 42 95 22 . 1h55

© Théâtre de la Michodière

 

 

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Hard, une comédie qui donne la trique

Porno et comédie, mariage heureux ? On salive de plaisir en sortant du Théâtre de la Renaissance. Bruno Gaccio à l’adaptation et Nicolas Briançon à la mise en scène ont osé mettre le X sur le devant de la scène avec panache et effronterie. Dialogues savoureux, situations cocasses, personnages bien croqués et comédiens qui mouillent la culotte : que demande le peuple ? Une bonne dose de culot ragallardit les troupes et les rires ne se font pas prier. On en redemande !

Comment une mère de famille catholique irréprochable pourrait-elle se retrouver à la tête d’un empire du porno sur le déclin ? Le ciel tombe sur la tête de la pauvre Sophie lorsqu’elle prend connaissance de cet héritage inattendu et encombrant à la mort de son mari. La collision entre les convenances et l’absence totale de tabous fait tout le charme de Hard. Le public pénètre dans l’univers intrigant des films pour adultes et découvre les rouages de cette industrie peu scrupuleuse avec beaucoup d’entrain.

Pas le temps de s’ennuyer ici ! Les jeux de mots douteux pleuvent tout comme les répliques cultes (que la décence nous interdit de reproduire ici). L’alternance tournage/gros plan sur Sophie s’installe avec fluidité, à l’image du décor dynamique de Juliette Azzopardi.

Passer de la mère coincée à la femme d’affaires aguerrie est une métamorphose qui sied parfaitement à Claire Borotra, si frêle en apparence. Celle qui a incarné Marilyn sur scène sait aussi se montrer féroce. François Vincetelli est irrésistible en playboy bien calibré. Entre le beauf et le romantique, notre cœur balance. La complicité ne fait pas de doute avec sa partenaire.

On adore détester Isabelle Vitari, odieuse en meilleure amie fourbe. Nicole Croisille, délicieuse en belle-mère franc du collier, amuse la galerie dans un rôle à contre-emploi.  Stephan Wojtowicz est impayable en réalisateur flegmatique et l’accent faussement espagnol de Charlie Dupont Stephan Wojtowicz déclenche des éclats de rire perpétuels. La sauce prend bien avec Hard ! ♥ ♥ ♥ ♥

HARD d’après la série de Cathy Verney. M.E.S de Nicolas Briançon. Adaptation de Bruno Gaccio. Théâtre de la Renaissance. 01 42 08 18 50. 1h45

© Charlotte Spillemaecker

Christelle Reboul et Jean-Pierre Michaël : un couple saveur nature entre fantasme et routine

L’amour serait-il une illusion ? Dans La Vie rêvée d’Helen Cox, Antoine Rault entretient le mystère entre fantasme hollywoodien et routine crispante. Entraînante et piquante, la mise en scène de Christophe Lidon décortique la mécanique du couple en misant sur de délicates vapeurs oniriques. L’ensemble est joliment troussé ; l’alchimie entre Christelle Reboul et Jean-Pierre Michaël y est sans doute pour beaucoup.

Les histoires d’amour commencent souvent tels des contes de fée ; celle d’Helen et de Paul n’échappe pas à la règle. Leur rencontre dans une galerie d’art se montre riche de promesses. Les années passant, le désir s’émousse tout comme la représentation d’une relation idéale. Alors Helen rêve sa vie et se réfugie dans des films à l’eau de rose. Un moyen de supporter l’éloignement et l’incompréhension. Comment s’extirper du rêve pour retomber dans la réalité ? Peut-on concilier les deux ?

Le sel du couple
Sur un thème rabattu, Antoine Rault propose une comédie qui tient la route en évoquant avec justesse les aléas de la vie à deux, les moyens de combattre le train-train qui use les sentiments. De la rencontre à la vieillesse. Christophe Lidon a su accentuer avec soin les envolées lyriques et caricaturales des films à l’eau de rose, drapées justement dans de douces lumières roses. Christelle Reboul et Jean-Pierre Michaël passent en un claquement de doigts de l’exaltation hystérique au désenchantement énervé. Ils s’investissent avec énergie dans leur rôle. On y croit car ils sont à la fois drôles et touchants dans leur humanité, dans leur rupture et leurs retrouvailles. Une comédie pimpante mais plus profonde qu’il n’y paraît. On y va ! ♥ ♥ ♥ ♥

LA VIE RÊVÉE D’HELEN COX d’Antoine Rault. M.E.S de Christophe Lidon. Théâtre La Bruyère. 01 48 74 76 99. 1h15

© Lot

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