On aime Florence Muller pour son extravagance et ses loufoqueries. Dans Emportée par mon élan, elle revient dans un seule en scène nous raconter la folle journée du mariage de son fils aîné. Surréaliste et impertinente, cette courte fantaisie croque finalement le portrait d’une femme à cent à l’heure qui comble ses frustrations comme elle le peut.

Aussitot installé, le public est déjà mis à contribution. Geneviève aimerait bien immortaliser un souvenir tout particulier : son Jean se marie ! Mais photographier tout ce beau monde n’est pas une mince affaire. Pas cinq minutes se sont écoulées que Florence Muller campe à merveille son personnage d’hyperactive un brin trop franche et un peu frappée.. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises !

Cérémonie religieuse perturbée, jeux avec Barbie et Ken, danse lascive avec des arbres, piques adressées à la bru… Notre Geneviève ose tout en ce jour sacré. Sans doute que le départ de son fils la perturbe et la pousse à lâcher-prise. L’auteur-comédienne n’y est pas allée de main forte et délivre une performance enjouée dans sa tenue rose acidulée.

Florence Muller a du talent, c’est certain. Elle est douée lorsqu’il s’agit de composer son propre personnage. Moins quand il s’agit d’esquisser son entourage. On préfèrera oublier le pauvre rejeton trisomique, le fils rebelle qui revendique sa différence en portant une juper ou l’invité bien lourdingue qui adore cacher son coussin-péteur.. L’enchaînement des situations manque aussi de liant même si l’auteur suit une certaine chronologie.

Si les situations sont à deux doigts de virer à la caricature, on demeure touché par cette femme à la dérive, terriblement seule, abandonnée de tous. L’exagération comme ultime rempart face à l’adversité ? Apparemment oui. La forme du monologue trouve donc ici toute sa raison d’être. ♥ ♥ ♥

EMPORTÉE PAR MON ÉLAN de Florence Muller. M.E.S de l’auteur et de Julie-Anne Roth. Théâtre du Petit Saint-Martin. 1h. 01 42 08 00 32.

© James Weston