Les sorcières ont le vent en poupe ces derniers temps. Séries, films, ou livres à vous de choisir ! Sous la plume fantaisiste de Marie Desplechin, Verte voit le jour il y a déja vingt ans. Cette apprentie sorcière facétieuse et au caractère bien trempé connaît un succès fort mérité. C’est sur les planches du Théâtre Paris-Villette que Léna Bréban a choisi de donner vie à notre petite héroïne. Pétillante et inventive, son adaptation a conquis les petits et les plus grands, ravis de pénétrer une heure durant à l’intérieur d’une bulle magique. Abracadabra !

Verte n’est pas une fille comme les autres puisqu’elle possède des pouvoirs surnaturels qui ne demandent qu’à s’épanouir ! Sa maman Ursule aimerait bien en faire une sorcière de premier plan… sauf que Verte refuse de respecter les traditions et aimerait bien vivre sans ce fardeau. Les balais et les potions magiques sont à mille lieues d’occuper ses pensées : elle ne pense qu’à Soufi, un gentil footballeur.

Mine de rien, Verte met en scène avec beaucoup de justesse le passage difficile à l’adolescence. Comment forge-t-on sa propre identité ? Peut-on se libérer complètement de l’hérédité et refuser toute forme de transmission ? Peut-on se construire sans figure paternelle ? Autant de questions qui traversent le spectacle et qui parlent à chacun d’entre nous.

Léna Bréban a parfaitement su équilibrer son spectacle entre instants délirants et moments plus émouvants et graves. Elle s’est adjoint les services de deux magiciens, Abdul Alafrez et Thierry Collet, qui enchantent le public avec leurs tours de passe-passe. Le plateau se métamorphose aussi bien en maison hantée effrayante avec ces ustensiles qui se mouvent tout seuls, ces allumettes cracheuses de feu ou ces vers de terre coriaces qu’en jardin-luciole poétique. L’illusion est totale et on se triture les méninges afin de traquer les astuces magiques !

Les quatre comédiens se glissent en outre totalement dans la peau de leur personnage. Ils sont remarquables. Avec ses airs d’ado en jean/baskets, Rachel Arditi campe une Verte malicieuse et têtue. Céline Carrère joue la maman excentrique avec beaucoup d’aplomb . Pierre Lefebvre est un Soufi un peu lunaire et attachant. Enfin, la palme revient sans conteste à Julie Pilod, ébourrifante en mamie fantasque et complètement délurée. On adore son timbre de voix perché !

Pleine d’intelligence, cette réjouissante adaptation fourmille d’idées bien vues. On se régale ! ♥ ♥ ♥ ♥

VERTE de Marie Desplechin M.E.S de Léna Bréban. Théâtre de la Ville (hors les murs). 1h10. 01 40 03 72 23.

© Julien Piffaut