L’été est une saison propice aux boulevards. Labiche et Feydeau trônent toujours en majesté parmi les maîtres du genre. Avec Un Fil à la patte, Christophe Lidon était sûr de frapper dans le mille. Distribution aux petits oignons, scénographie soignée, sens du rythme et du gag… Rien n’est oublié et l’on rit de bon cœur.

Dans ce vaudeville pur jus, la satire se veut corrosive : entre les pique-assiettes, les vieilles filles, les idéalistes nunuches, les amants lâches et les belle-mères snob, tout le monde en prend pour son grade ! Bois d’Enghien, anti-héros autour duquel l’intrigue se noue, ne sait plus où donner de la tête : comment rompre avec une maîtresse collante tout en préparant son mariage avec une damoiselle riche à foison ?

Christophe Lidon démarre au quart de tour : l’arrivée de la cocotte Lucette (exquise et piquante Noémie Elbaz) évoque le Moulin-Rouge et ses effeuillages coquins. L’ambiance est à la fête et la crise de nerfs n’est jamais bien loin… Dans un décor à damier noir et blanc très chic, les péripéties s’enchaînent sans faiblir.

Les comédiens, en totale symbiose, ne ménagent pas leur peine. Ils donnent tous de leur personne et on en redemande ! Jean-Pierre Michaël a beaucoup d’allure (marcel ou costume d’ailleurs, peu importe !) en noble désargenté pusillanime. Il parvient à rendre son personnage attachant. On adore Catherine Jacob en cougar taquine, chapeau XXL vissé sur la tête et accent bourgeois à se damner. Bernard Malaka est formidable en général bolivien impulsif (ha cet accent… !). Adèle Bernier, véritable caméléon, se fond dans tous ses rôles avec un naturel déconcertant. Enfin, Marc Fayet campe un Bouzin du tonnerre, aux mimiques et à la maladresse prononcées (impossible en revanche de ne pas penser à Christian Hecq…)

Un divertissement estival tout trouvé !

Un fil à la patte de Georges Feydeau. M.E.S de Christophe Lidon. Théâtre Montparnasse. 01 43 22 77 74. 1h50. ♥ ♥ ♥ ♥

© Jeep Stey

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