Des portes qui claquent sans arrêt, des cocufiages en veux-tu en voilà, des situations abracadabrantesques… En réunissant tous les codes du boulevard, C’est encore mieux l’après-midi en fait exploser les cadres : menée sur un tempo diabolique par José Paul, habitué du genre, cette comédie explore avec malice les addictions sexuelles de nos politiques. On ne sait plus où donner de la tête en sortant du Théâtre Hébertot : une belle tranche de rire à consommer sans complexe.

La fameuse expression « de 5 à 7 » prend tout sens lorsque l’on suit la vie riche en cachotteries de Richard. Ce célèbre député trompe Madame avec la secrétaire du Premier Ministre dans une chambre d’hôtel à deux pas de l’Assemblée Nationale. Pratique ! Sauf lorsqu’un assistant gaffeur vient faire capoter cette histoire d’adultère bien huilée…

La pièce de Ray Cooney, adaptée avec doigté par Jean Poiret, ne s’embarrasse absolument pas du vraisemblable. Les quiproquos s’enchaînent à une vitesse vertigineuse (accrochez-vous !) et la mécanique implacable des malentendus carbure à plein régime. Attention à l’overdose mais ne boudons pas notre plaisir.

Bande d’obsédés !
En vieux loup de mer, José Paul a soigné une mise en scène aux petits oignons : les personnages sont assaisonnés comme il le faut mais le mérite en revient aux comédiens, tous très à l’aise dans leur rôle. Pierre Cassignard est odieux de lâcheté et de lourdeur en député cochon (mention spéciale à son boxer léopard) ; Lysiane Meis, potiche idéale qui s’accoquine avec des airs faussement effarouchés (dommage que les femmes soient cependant traitées de manière aussi caricaturale) et Rudy Milstein, filou en diable dans la peau du groom avide et complice.

La palme d’or revient toutefois à l’ineffable Sébastien Castro : le Droopy de la comédie fait des merveilles en Gaston Lagaffe embarqué dans des situations ubuesques. On se demande tout le temps comment il va bien pouvoir se sortir du pétrin : ses pirouettes génialement embarrassées déclenchent illico le fonctionnement des zygomatiques.

En outre, le décor élégant et très fonctionnel de Jean-Michel Adam dynamise la mise en scène et la synergie de la troupe : les entrées, sorties, confrontations entre les comédiens gagnent ainsi en piquant.

Finalement, cette bande d’énergumènes lubriques n’en finit pas de nous surprendre. On y court ! ♥ ♥ ♥ ♥

C’EST ENCORE MIEUX L’APRÈS-MIDI de Ray  Cooney. Adaptation française de Jean Poiret. M.E.S de José Paul. Théâtre Hébertot. 01 43 87 23 23. 1h25.

© Lot