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Dix-huit ans après son passage à Chaillot, Le presbytère n’a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat enflamme le Palais des Congrès. Ce ballet de Maurice Béjart au titre énigmatique se place sous l’égide de deux figures tutélaires : Freddie Mercury, le leader de Queen et Jorge Donn, le danseur fétiche du chorégraphe, tous deux décédés du sida à quarante-cinq ans. Flamboyant, iconoclaste et fulgurant.

Queen et Mozart ? Alliance improbable et pourtant si féconde : le spectacle conçu par Gil Roman fusionne le rock transgenre et la musique classique avec un sens de la provocation savoureux. Clip vidéo halluciné en continu, Le Presbytère rend hommage à des artistes partis trop tôt, à la mort qui guette et à la danse qui transcende. Look androgyne, théâtralité assumée, numéros épatants avec sphères et boîte orgiaque, projecteurs éblouissants, ailes d’ange… Bref, avec Béjart, show assuré ! Quarante danseurs présents sur scène : chanteurs de rock, nageurs ou mariée fantomatique se distinguent avec deux solistes particulièrement captivants : Oscar Chacon et Fabrice Gallarague.

Le Presbytère se clôture sur « The show must go on », toute la troupe agitant des draps blancs de linceul : vie et mort, naissance et finitude s’entremêlent dans une ode épicurienne captivante. Jouissif. Le public en transe a applaudi à tout rompre : nous aussi. ♥ ♥ ♥ ♥

© Ilia Chkolnik
© Ilia Chkolnik