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Au Palais des Congrès, décollage immédiat vers la Cité d’Émeraude du Magicien d’Oz ! Dans cette adaptation signée Andrew Lloyd Weber, la nostalgie du film culte de Victor Fleming et du livre phénomène de L. Franck Baum trouve une concrétisation scénique réjouissante en ces fêtes de fin d’année. Stéphane Laporte livre une version française pleine de bons mots et entraînante. Portée par une distribution de haut vol et homogène et une mise en scène malicieuse, inutile de vous dire que nous avons replongé en enfance avec une délectation certaine !

Le Magicien d’Oz narre les aventures de la jeune Dorothy, une fermière du Kansas. La fillette souffre de ne pas trouver sa place dans un monde d’adultes où personne ne l’écoute. Lorsqu’un tornade s’abat sur la petite ville et la projette dans une dimension parallèle, Dorothy y voit l’occasion de trouver son envol… Sauf que la méchante sorcière de l’Ouest lui mettra de sévères bâtons dans les roues. Aidée par trois amis aussi incongrus qu’attachants, un épouvantail sans cerveau, un bûcheron de fer blanc sans cœur et un lion sans courage, la jeune fille devra chercher le fameux Magicien d’Oz pour rentrer chez elle.

Voyage initiatique célébrant l’amitié et le désir d’émancipation, cette histoire atemporelle possède une structure narrative typique des contes, parfaitement adaptée aux bambins. Le jeune public se régale d’ailleurs et leurs parents avec ! Weber insiste sur la dimension kitsch de la version filmique immortalisée par Judy Garland avec arc-en-ciel flashy, déluge de fleurs colorées, costumes verts étincelants. Davantage de féerie n’aurait pas été préjudiciable (surtout pour les effets spéciaux, sympathiques mais pas assez déjantés ; cependant, le résultat global s’avère tout à fait captivant.

Clairement orienté pour les enfants, ce musical réussit à toucher son cœur de cible par l’abattage incontestable de son casting impliqué. Dans le rôle principal, Candice Parise campe une Dorothy rafraîchissante au coffre détonnant (sa reprise de « Over the rainbow » vaut le détour) ; Natasha St-Pier détonne agréablement en sorcière garce verdâtre au rire diabolique (chapeau pour son maquillage, elle est méconnaissable !) ; Sophie Delmas enchante dans la peau pailletée de Glinda, la gentille sorcière du Nord ; Édouard Thiébaut joue un touchant bûcheron de métal ; Fred Colas provoque l’hilarité en lion très gay-friendly maniéré à souhait et Grégory Garell complète la distribution en épouvantail maladroit. Sans oublier bien sûr l’adorable chien Toto !

Quelques chansons en plus n’auraient pas été de refus, notamment en ce qui concerne les deux sorcières et leurs grandes capacités vocales. D’où un léger sentiment de frustration car la comédie prend parfois le pas sur la musique. Nonobstant ce reproche, ce Magicien d’Oz se déguste comme une Madeleine de Proust qui réactive des souvenirs d’enfance enchanteurs… L’occasion pour les plus petits de découvrir cet univers fabuleux qui n’a pas pris une ride ! ♥ ♥ ♥ ♥

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