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Amis docteurs, fuyez ! Dans sa nouvelle comédie à mourir de rire, Laurent Baffie fustige les dérives lucratives de la médecine, foire aux charlatans en tout genre. Sans filtre réunit tous les ingrédients à succès des meilleurs confiseries baffiennes ; humour pipi-caca omniprésent, répliques salaces à foison et personnages sacrément bien trempés. À réserver à un public averti et plutôt friand de l’ex-comparse d’Ardisson : cash, trash et sans concession, Baffie possède indéniablement son lot de groupies dont nous faisons partie, avouons-le sans détour. Dans son genre, Sans filtre constitue un divertissement de haute volée, idéal pour se détendre les neurones après une journée bien chargée. Nous ne vous garantissons pas qu’après la représentation vous aurez envie d’aller consulter un professionnel de la santé mais bon…

Philippe Maurice (on n’invente rien), buraliste de son état, décide de franchir le cabinet d’un psy afin de régler un problème saugrenu. Depuis peu, il souffre d’une variation du syndrome Gilles de la Tourette, l’enjoignant à se révéler d’une franchise hors-norme envers ses proches et sa clientèle. D’où une situation invivable qu’il convient de régler. Seulement voilà, le docteur se révèle incapable de faire un bon diagnostic et convoque alors toute une batterie de médecins amis afin de trouver l’origine du mal et de le guérir… Ils n’avaient pas prévu que Maurice détruise tout sur son passage, révélant au grand jour toutes les hypocrisies d’une profession borderline.

L’air de rien, sous ses aspects de comédie volontiers vulgaire, Sans filtre enclenche une réflexion bien sentie sur les abus de la médecine. Sous couvert de rendre service à leurs patients, les médecins cherchent surtout à remplir leurs caisses cyniquement. Ces « pompes à fric » sans vergogne traitent Maurice comme un cobaye. Souffrant de SDF (Syndrome de Désinhibition Frontale), le buraliste renverse la mesquinerie ambiante et confronte les docteurs à leur malhonnêteté. Évidemment caricatural, ce portrait à charge n’en demeure pas moins intelligemment pensé.

Brossant à merveille sa galerie de personnages tous plus timbrés les uns que les autres, Baffie signe une distribution aux petits oignons, à commencer par lui-même dans le rôle du fouteur de merde sans-gène. Lâché dans la fosse aux lions, l’humoriste navigue avec bonheur sur les rives de la méchanceté sans fard. Face à lui, six acteurs fantastiques : Caroline Anglade campe une neurologue pin-up avec délectation ; Jean-Noël Brouté s’illustre en psy au micro-pénis rivalisant de lâcheté ; Pascal Sellem se lâche en chirurgien plastique juif à la Rolex en or et « serial-baiseur » infatigable ; Karine Dubernet réjouit en chiropractrice brute de décoffrage affectionnant un squelette ; Carine Ribert épate en pédiatre cochonne délivrant en vrac ses médocs à de pauvres bambins et enfin Daravirak Bun arrive comme la cerise sur le gâteau en acupuncteur fan de Bruce Lee et diablement manipulateur. Cette bande de copains communique son plaisir de jouer ensemble avec une énergie sacrément palpable. Le tout dans un échange fluide, rythmé et enlevé !

Alors oui, Sans filtre peut paraître lourde par son humour scato et très grossier mais quelle excellente soirée de divertissement passée en compagnie de Baffie et sa bande. Le public sait très bien à quoi s’attendre en allant découvrir une des pièces du comique. Et il en redemande. Nous avec. Si vous souhaitez rire un bon coup, le Théâtre Fontaine vous ouvre grand les bras… ♥ ♥ ♥

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