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La piste aux étoiles démarre en fanfare aux Folies-Bergère ! Porté par les succès de Salut les copains et D.I.S.C.O, Stéphane Jarny et son équipe revisitent l’univers circassien en le combinant à la revue de music-hall dans Love Circus. Au programme : des numéros de voltige spectaculaires ; un répertoire revu de A à Z ; une synergie formidable entre les interprètes, les danseurs et les acrobates ; un livret aux petits oignons ; de l’émotion et un vrai show créatif et enchanteur. Une pure pépite qui tient aisément la dragée haute dans l’univers restreint des comédies musicales françaises. Chapeau !

Aux Folies-Bergères, les femmes règnent d’une main de fer sur les lieux. Rose et Garance, des jumelles volcaniques, dirigent la troupe en veillant scrupuleusement à se concentrer sur leur travail. Une malédiction frappe en effet depuis plus de cent-quarante ans la salle de spectacle : les femmes de la famille meurent inévitablement d’amour. Pour conjurer le sort, les deux sœurs (ainsi que Violette, la dernière arrivée) forment un pacte : ne jamais tomber amoureuse. Mais voilà, quand les sentiments frappent à votre porte difficile de ne pas succomber à la tentation… Épaulées par Ombre, leur ange-gardien fantomatique à la mémoire défaillante, les triplées trouveront-elles leur valet de cœur ?

Le panache de cette comédie musicale réside dans son numéro d’équilibriste : à mi-chemin entre les prouesses purement circassiennes (Simon Heulle et son mât chinois à couper le souffle), des chorégraphies millimétrées, des voix à tomber par terre et une esthétique de revue clairement affichée. La symbiose entre ces diverses composantes s’intègre dans un tout homogène et calibré. Les performances acrobatiques accompagnent les chansons sans jamais les étouffer. Le livret du tandem Agnès Boury/Stéphane Laporte apporte un vrai vent de fraîcheur sur scène, à la fois corsé, drôle et haletant. Mention spéciale aux costumes magnifiques de Vanessa Coquet, alternant robes gâteaux, tutus pour hommes, robes à paillettes moulantes !

Niveau interprétation, Stéphane Jarny s’entoure de sa fidèle troupe, Vincent Heden et Lola Cès en tête. Les deux font vraiment la paire et entretiennent une belle complicité. On ne présente plus le talent du premier : son rôle de meneur de revue était tout indiqué. Il s’avère encore une fois exceptionnel. Taquin et entraînant, il conduit le show avec élégance. Son numéro sur « Les Moulins de mon cœur » en forme d’hommage à Victor/Victoria laisse sans voix. Comme d’habitude, Lola Cès nous régale à chacune de ses interventions : doté d’une sacrée auto-dérision, la chanteuse au coffre d’enfer se joue de ses courbes voluptueuses et compose une Rose glam en diable et débordante d’énergie. Aussi mutine que déchirante (son « Quand on n’a que l’amour » bouleverse), elle se déchaîne follement. Ses deux sœurs campées par Aurore Delplace et Fanny Fourquez complètent ce trio sexy et complémentaire avec fougue (les triplées signent notamment une version éminemment délicate d’« Une chanson douce »). Leur version tango de « Je dois m’en aller » fascine. On aurait aimé que la puissante Sofia Mountassir chante davantage de morceaux. Pour les garçons, Maximilien Philippe use de sa voix rocailleuse avec beaucoup de goût (« L’Hymne à l’amour ») et incarne un lanceur de couteau viril tandis qu’Alexandre Faitrouni s’impose en dresseur de colombes facétieux (scotchant d’ailleurs dans un numéro de médium !)

Inutile de vous le préciser : Love Circus s’érige définitivement comme LA comédie musicale de l’automne. Surclassant Le Bal des vampires, Flashdance et l’indigeste Mistinguett, ce musical ravit par son inventivité, sa distribution de rêve et son sens du rythme. Un must ! ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

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