Theatre-sans-animaux_reference

Le directeur du Rond-Point reprogramme l’une de ses pièces les plus célèbres, Théâtre sans animaux. Ces huit contes forment autant de fantaisies décalées centrées sur une poétique de l’absurde et du non-sens. Le quintuor de comédiens s’amuse dans ce délire hilarant où l’énormité des situations conduit à relativiser toute norme et à chasser le sérieux ambiant.

Théâtre sans animaux constitue une expérience théâtrale loufoque à part. Huit petites fables sans aucun lien (ou presque) entre elles forment l’armature de la pièce et se suivent comme autant de pastilles humoristiques délectables.

© Giovanni Cittadini Cesi
© Giovanni Cittadini Cesi

La variété des saynètes permet d’offrir un moment des plus agréables et très divertissant. Dans l’ordre : un « concon » devenu subitement intelligent annonce la bonne nouvelle à son frère dubitatif ; un couple commente une pièce de théâtre et dispute sur le jeu de la comédienne qui fait partie de leur famille ;  un père ne se souvient pas d’avoir nommé sa fille Monique et perd les pédales ; un coiffeur subit le discours passionné et visionnaire d’un client ; un stylo bic géant atterrit dans une maison et amène une épiphanie divine ; une femme a honte de son mari qui porte une perruque Louis XV et veut absolument qu’il l’accompagne acheter un sèche-linge chez Conforama ; deux amis jouent au golf et débattent à propos d’une onomastique maudite et enfin, nos cinq compères se retrouvent au musée à déplorer la disparation de la carpe dans les arts.

Autant de situations ubuesques, totalement farfelues qui interpellent et appellent à nous évader du quotidien, à sortir des carcans de la normalité et à mettre un peu de piment dans nos vies ternes. La pièce est enlevée, inattendue et joyeusement bordélique. Les cinq comédiens s’unissent dans un jeu barré et enlevé : on retiendra surtout l’épatante interprétation d’Annie Gregorio et sa gouaille sudiste délicieuse à entendre.

La mise en scène de Ribes se veut plutôt simple : les décors modulables représentent une ville figurant les différents espaces avec des projections vidéos discrètes mais bien vues. L’accent est surtout mis sur le langage et le décalage entre l’univers intérieur cohérent pour les personnages qui ne comprennent pas du tout que ce qu’ils racontent est totalement surréaliste.

Théâtre sans animaux se déguste ainsi comme une parenthèse absurde, portée par un quintuor de comédiens déjantés. On passe un délicieux moment en compagnie de cette troupe agitée. Un peu de folie fait du bien en cette période morose. Allez-y donc ! ♥ ♥ ♥ ♥

© Giovanni Cittadini Cesi
© Giovanni Cittadini Cesi
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