Arthur Jugnot, grand habitué du boulevard et de la comédie, met en scène Les Grands Moyens avec l’aide de David Roussel à la Gaîté-Montparnasse. Ce boulevard bien fichu se révèle très sympathique et offre un divertissement idéal pour l’été. Portée par un quatuor de comédiens au diapason, la pièce reconfigure le topos du commerce sentimental sous un angle rafraîchissant.

Quatre personnages pour un méli-mélo amoureux. Voilà en quelques mots le résumé des Grands Moyens. Le titre laisse inaugurer un manque de subtilité dans le traitement de l’intrigue mais la pièce réussit à se tirer du genre un peu embourbé et lourdingue du boulevard. Malgré des blagues très pipi-caca et volontiers graveleuses, on rigole avec sincérité de ce quatuor de paumés qui cherchent l’amour.

Léo, romancier raté et parasite, vient de se faire larguer par Laura, proctologue sérieuse. Errant dans un bar tenu par Salomé la cousine de Laura, Léo déprime et réfléchit à une solution pour récupérer sa bien-aimée. La solution apparaît comme par magie en la personne de Max, serveur accro au sexe et aux plans sans lendemain qui en pince pour Salomé. Léo charge le jeune homme de séduire Laura et de la dégoûter des hommes pour qu’elle revienne éplorée dans ses bras. Ce plan un peu tordu se voit compromis par des interactions imprévues…

Le canevas de la pièce peut sembler gros et il l’est mais tout s’emboîte parfaitement dans ce marivaudage moderne grâce à la belle énergie de ses comédiens, très bien choisis et totalement délirants.

Guillaume Sentou campe un Léo hystérique, fleur bleue, ringard et attendrissant. Le duo qu’il forme avec son acolyte Cyril Garnier fait penser à Laurel et Hardy. Le premier, petit chétif et nerveux contraste avec le second, élancé, détendu et taquin. Les deux font des étincelles et le combo Léo / Max provoque des rires à foison. Les femmes ne sont pas en reste. Sabine Perraud incarne une Laura très control freak alors que Marie Montoya joue une pétulante Salomé en quête d’un homme romantique et artiste. La jeune femme s’était déjà faite remarquée dans le très moyen 3 Lits pour 8 et prouve une nouvelle fois son talent comique spontané et haut en couleur.

Les péripéties vont à toute vitesse, pas le temps de s’ennuyer. Le rythme de la pièce est soutenu et la soirée défile assez vite.

Les Grands Moyens constitue donc un divertissement de qualité, sans prétention et énergique à souhait. Les quatre comédiens ont su trouver le ton juste pour nous emporter dans une comédie désopilante. Un très bon moment d’humour à partager. ♥ ♥ ♥ ♥

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